Chaque hiver, retrouvons le réflexe des gestes barrières

Les infections respiratoires aiguë telles que la grippe, la bronchiolite et le COVID-19 sont responsables d’épidémie dont les conséquences sanitaires sont importantes.

Les épidémies de grippe de 2024 et 2025 ont une durée plus longue que la moyenne avec une ampleur et une sévérité plus importante. Elles sont responsables d’un impact important sur le système de santé que ce soit en ville ou à l’hôpital. Elles provoquent encore des décès chez les plus de 65 ans.

De la pandémie à la vie quotidienne

Avec l’apparition du COVID-19 en 2020, la France a fait face à une crise sanitaire sans précédent. Pour limiter la propagation du virus, les autorités sanitaires ont recommandé une série de gestes barrières : port du masque, lavage des mains, aération des pièces, distanciation physique. Aujourd’hui, plus de trois ans après la fin des mesures sanitaires strictes et obligatoires, ces gestes ont laissé une empreinte durable sur les comportements.

Adoption massive au début de l’épidémie

Au plus fort de la pandémie, le port du masque dans les lieux publics et transports, le lavage fréquent des mains et le respect de la distanciation physique ont été respectés par la majorité de la population française, motivée par un fort sentiment de responsabilité collective. Ces gestes sont essentiels pour limiter la propagation des virus et de se protéger et protéger l’entourage.

Plusieurs études ont montré qu’au plus fort des mesures, plus de 80 % des Français, déclaraient appliquer régulièrement au moins un geste barrière par jour (Baromètre Sante publique France, données 2020 2022).

Depuis la levée des mesures strictes 2022 /2023, la situation a évolué. L’étude COVID Prev réalisée en 2024, montre que les gestes barrières sont de moins en moins réalisés :

63 % des participants déclarent moins respecter les gestes barrières qu’au début de l’épidémie

Le port du masque est particulièrement délaissé avec seulement 13 % des répondant qui déclarent porter un masque systématiquement en cas de symptômes en présence de personnes fragiles ou dans des lieux très fréquentés et 43 % qui déclarent ne jamais porter le masque quelle que soit la situation.

De plus, les gestes barrière sont encore fortement associés au COVID-19. Moins d’un tiers des personnes interrogées évoquent l’intention de maintenir les gestes barrière en cas d’épidémie de grippe ou autre maladie hivernale.

Ceux qui continuent à adopter certains gestes barrières

Les groupes les plus concernés sont les personnes vulnérables ou à risque en particulier les personnes âgées ou immunodéprimées ainsi que les professionnels de la santé.

La protection personnelle et collective de ces groupes ont une perception accrue du risque et une habitude est installée avec le lavage des mains et l’aération régulière des pièces qui sont devenues partie intégrante de leur routine. La transmission des bonnes pratiques est réalisée dans les milieux professionnels. Il est donc courant de voir le port d’un masque dans les transports en période d’accroissement viral.

Ceux qui rejettent activement certains gestes

Les jeunes souvent perçus comme moins vénérables et des personnes opposées aux contraintes sanitaires, liées à des réseaux ou des discours de défiance. Certains cercles politiques ou identitaires associent les gestes barrières à une limitation de liberté car ils ont une faible perception du risque personnel et une méfiance envers les institutions scientifiques et politiques. Dans ces groupes, on observe une forte propension à considérer que de tels gestes ne sont plus nécessaire dans aucun contexte.

La pratique perdure-t-elle ?

L’hygiène des mains reste un réflexe fort, surtout après les transports en commun, avant les repas ou après des contacts. L’aération des espaces est entrée dans la routine plus intégrée dans les habitudes.

Quant au port du masque, il reste limité à certaines personnes vulnérables, au milieu médical ou dans les transports en commun. La distance sociale volontaire a été aboli.

Les facteurs qui influencent l’adoption ou le rejet

Le niveau d’éducation et l’accès à l’information sont associés à un accès plus large à des sources fiables d’information et corrélés à une adoption plus soutenue des gestes barrières, même après la pandémie. L’expérience personnelle également augmente les chances d’adopter des comportements protecteurs, surtout après avoir vécue une forme grave d’une maladie virale. Par ailleurs, les influences professionnelles (médecine, enseignement ) favorisent leur maintien. À l’inverse, certains cercles sociaux minimisent leur utilité.

Est-ce que les gestes barrières deviennent une culture sanitaire durable ?

Les gestes barrières restent bien ancrés chez les populations à risque et chez les professionnels de santé comme un prolongement de leur activité. Ils sont adoptés de manière sélective par une majorité pragmatique, qui les considère utiles dans certains contextes mais pas comme des obligations permanentes. La situation reflète moins une adhésion uniforme qu’un continuum de comportements, influencé par la perception du risque, les expériences personnelles, la confiance sociale et les influences culturelles

 

Pascale Karila-Cohen

Dr Pascale Karila-Cohen, radiologue hospitalière, entrepreneuse engagée, fondatrice de docndoc.fr. Collectifs de professionnels de santé luttant contre les déserts médicaux depuis 2016.

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