Don d’organe en France : Engagement, une culture du don et réticences et réalités en 2026
Le don d’organes est l’une des réponses les plus puissantes permettant de sauver ou transformer des vies. En France, ce système repose sur un principe de solidarité
Chaque personne est considérée comme donneuse potentielle à sa mort, à moins d’avoir expressément exprimé son refus dans le Registre national des refus géré par l’Agence de la biomédecine ; ce principe dit d’« opt-out » vise à augmenter le nombre de greffons disponibles pour les patients en attente. La loi prévoit que les proches soient consultées pour vérifier si la personne était opposée au don de ses organes. En parler de son vivant, c’est leur éviter de devoir décider à votre place. Un simple oui peut sauver jusqu’à 7 vies.
Chiffres clés : activité en hausse, besoins toujours supérieurs
L’activité de transplantations a connu une progression significative ces dernières années :
En France 6034 greffes ont été réalisées en 2024 soit environ 17 greffes par jour en moyenne (+7 % par rapport à 2023), dont 614 greffes à partir de donneurs vivants (rénale). Le don d’organes et de tissu est un enjeu national alors que la pénurie persiste et que le taux d’opposition augmente.
Le don d’organes et de tissu permet d’améliorer ou de sauver des milliers de vie. Aujourd’hui, en France, plus de 70 000 personnes vivent grâce à une greffe.
22 585 patients étaient inscrits au 1ᵉʳ janvier 2025 sur la liste nationale d’attente, dont 11 666 en liste active, c’est-à-dire immédiatement éligibles à une greffe.
Malgré ces progrès, les besoins restent critiques : chaque année, des dizaines de patients décèdent faute d’organe disponible ; en 2024, 852 patients en attente sont morts avant de pouvoir être greffés.
Engagement vs réticences : des Français encore partagés
Selon les enquêtes de l’Agence de la biomédecine :
~80 % des Français se disent favorables à faire don de leurs organes après leur mort et 93 % estiment important d’exprimer leurs souhaits à leurs proches, mais moins d’un Français sur deux en parle réellement, ce qui entraîne une opposition fréquente des familles au moment du prélèvement.
En 2024, les proches ont rapporté une opposition au don dans 36,4 % des cas lorsqu’aucune volonté claire n’avait été exprimée.
Les réticences peuvent avoir des origines variées : idées reçues sur le prélèvement, peurs culturelles, croyances religieuses ou encore incompréhension du cadre légal — même si le don n’empêche pas la réalisation des rites funéraires selon les traditions des familles.
Profil socio-culturel des donneurs en France
Sur le plan des caractéristiques des donneurs réels (décédés prélevés) ont un âge moyen d’environ 58 ans, avec une part importante (près de 41 %) âgée de 65 à 74 ans. Il n’existe pas de limite d’âge légale pour un don d’organe ou tissu : toute personne décédée dans des conditions médicalement appropriées peut devenir donneuse, sous réserve d’examen clinique.
Concernant le profil socio-culturel volontaire (préinscription), les données disponibles (notamment pour la moelle osseuse) montrent que la diversité génétique et démographique des donneurs est essentielle pour maximiser les chances de compatibilité entre receveurs et donneurs : ainsi, une représentation équilibrée de diverses origines géographiques et groupes génétiques est un facteur important pour l’efficacité des transplantations, notamment pour ceux issus de populations moins représentées dans les registres.
Disparités régionales : où a-t-on plus de chances de recevoir une greffe ?
La répartition des transplantations n’est pas uniforme à travers le territoire français : Certaines régions hospitalières (centres universitaires ou grandes villes) réalisent un volume plus élevé de greffes, souvent en raison de leur expertise ou de la présence de services spécialisés. Par exemple, des centres comme Rennes et Paris ont montré une progression soutenue des greffes.
Il existe aussi des disparités dans les taux d’opposition au don : l’Île-de-France ou certains départements d’outre-mer présentent des taux rapportés d’opposition plus élevés (>50 %), ce qui réduit la disponibilité effective des greffons.
Ces différences traduisent à la fois l’organisation des filières hospitalières, les pratiques locales d’information et de sensibilisation, et l’implication des équipes soignantes et des ARS (Agences régionales de santé).
Une liste nationale unique, gérée équitablement
En France, il n’existe qu’une seule liste nationale d’attente pour les greffes d’organes, gérée par l’Agence de la biomédecine, qui garantit une répartition équitable et transparente des organes disponibles selon des critères médicaux (compatibilité, urgence, âge, etc.) et non selon la région de résidence.
Cela signifie que tous les patients français en attente — qu’ils vivent en métropole ou dans les départements et territoires d’outre-mer — sont inscrits sur cette même liste et bénéficient du même cadre de répartition, bien que l’accès à certaines greffes puisse varier localement en pratique selon la proximité d’un centre spécialisé.
Conclusion : un défi de société
En 2026, le don d’organes en France reste un pilier essentiel de la médecine moderne : la solidarité individuelle et collective sauve des vies chaque jour. Malgré une opinion favorable globalement majoritaire, les réticences familiales, le manque d’information et les disparités régionales freinent encore l’efficacité du système.
Parler de ses choix, mieux informer sur les règles de prélèvement, encourager la diversité des profils de donneurs et poursuivre les efforts de coordination régionale et nationale sont des leviers indispensables pour faire reculer les refus et satisfaire les besoins toujours croissants des patients en attente de greffe.
