CHU de Poitiers : fin des CD d’imagerie, place aux échanges numériques avec DRIMbox
Le CHU de Poitiers déploie DRIMbox d’Enovacom pour moderniser l’échange d’imagerie médicale, réduire les CD et fluidifier l’accès aux examens entre établissements.
L’image est familière dans les hôpitaux : des piles de CD gravés à la chaîne, des patients qui se déplacent avec leurs examens sous le bras, des médecins qui jonglent entre plusieurs plateformes pour retrouver une imagerie. Ce modèle, encore très répandu, montre clairement ses limites.
Au CHU de Poitiers, ce fonctionnement est en train d’évoluer. L’établissement a choisi la solution DRIMbox d’Enovacom pour moderniser et fluidifier ses échanges d’imagerie médicale avec les structures extérieures au groupement hospitalier, notamment le secteur privé.
Objectif : simplifier le partage des examens, réduire drastiquement la gravure de CD et unifier l’accès aux images pour les professionnels de santé comme pour les patients.
Un GHT unifié mais des échanges externes encore complexes
Le CHU de Poitiers regroupe cinq établissements : Poitiers, Châtellerault, Montmorillon et Loudun. Au sein du groupement hospitalier de territoire (GHT), une harmonisation importante avait déjà été réalisée autour de solutions communes de RIS (Radiology Information System) et de PACS (Picture Archiving and Communication System).
En interne, les bases technologiques étaient donc posées. Mais dès qu’il s’agissait d’échanger des examens d’imagerie avec des structures extérieures au GHT, la situation se compliquait : multiplicité des outils, supports physiques, plateformes hétérogènes.
C’est sur ce point précis que DRIMbox intervient : offrir une brique d’interopérabilité dédiée aux échanges d’imagerie inter-établissements, en s’appuyant sur l’infrastructure Nexus déjà en place. Une façon de prolonger la logique d’unification au-delà des murs du groupement.
Une solution compatible avec tous les environnements
L’un des enjeux majeurs dans l’imagerie médicale, c’est la diversité des systèmes en place. Chaque établissement, chaque cabinet, chaque structure peut disposer d’un RIS et d’un PACS différents.
DRIMbox a été conçue pour fonctionner dans cet environnement hétérogène. La solution repose sur une architecture hybride, pouvant être déployée en local ou en mode SaaS, avec un hébergement en France, et surtout une compatibilité agnostique avec les principaux RIS et PACS du marché.
Concrètement, cela signifie que les examens peuvent être envoyés et reçus sans se soucier de la technologie utilisée en face. L’échange devient plus fluide, plus standardisé, et surtout plus transparent pour les équipes médicales.
Le détail qui change tout : le préchargement automatique des images
Sur le papier, beaucoup de solutions permettent de transférer des images. Dans la pratique, l’adoption par les médecins dépend souvent d’un critère très simple : le temps.
Au CHU de Poitiers, un point a été particulièrement déterminant : le système de préfetching, c’est-à-dire le préchargement automatique des images dans le PACS local avant le rendez-vous du patient.
Les examens envoyés via DRIMbox sont intégrés en amont dans l’environnement habituel du radiologue ou du clinicien. Le jour de la consultation, pas de connexion à une plateforme externe, pas de délai d’ouverture : les images sont déjà là, prêtes à être consultées.
Ce fonctionnement répond directement aux contraintes du terrain. Si l’accès aux images est trop lent ou trop complexe, l’outil ne sera pas utilisé. En intégrant la notion de performance dès la conception, DRIMbox augmente ses chances de s’ancrer durablement dans les pratiques.
Réduire les CD : un enjeu logistique et patient
La gravure de CD d’imagerie reste encore une pratique courante. Pourtant, elle représente une charge importante pour les établissements : temps humain, matériel, logistique, gestion des erreurs et des pertes.
Côté patient, le CD n’est pas non plus la solution idéale. Support fragile, parfois difficile à lire selon les équipements, il impose au patient un rôle de transporteur de données médicales sensibles.
Avec DRIMbox, le CHU de Poitiers engage une transformation progressive vers des échanges entièrement numériques. Les examens peuvent être envoyés directement aux correspondants, sans passer par un support physique. La multiplicité des plateformes d’accès laisse place à un système unifié, mieux intégré dans les outils métiers. Cette évolution allège la charge administrative et logistique, tout en réduisant les risques liés à la manipulation de supports physiques.
Un accès facilité pour les patients
La modernisation des échanges ne bénéficie pas uniquement aux professionnels. Elle ouvre aussi de nouvelles possibilités pour les patients.
Grâce à l’intégration avec le réseau DRIM-M, les patients peuvent accéder plus facilement à leurs examens d’imagerie. Cette mise à disposition numérique améliore la continuité du parcours de soins : un patient peut partager plus simplement ses images avec un spécialiste, un autre établissement ou dans le cadre d’un suivi à long terme.
En parallèle, le stockage numérique offre un niveau de sécurité et de pérennité supérieur à celui des CD. Les données sont conservées dans des environnements maîtrisés, avec des mécanismes de traçabilité et de protection adaptés aux exigences de la santé.
L’interopérabilité comme levier de transformation
Le projet mené au CHU de Poitiers illustre une réalité de plus en plus présente dans les hôpitaux : la transformation numérique ne se fait pas par une rupture brutale, mais par l’ajout progressif de briques d’interopérabilité.
Plutôt que de remplacer l’existant, DRIMbox vient s’appuyer sur les infrastructures déjà déployées, notamment Nexus. Cette approche permet d’améliorer les usages sans déstabiliser les organisations, et de faire évoluer les pratiques par étapes.
Dans le domaine de l’imagerie, où les volumes de données sont importants et les enjeux cliniques élevés, cette continuité est essentielle. Les équipes ont besoin d’outils fiables, qui s’intègrent dans leur environnement quotidien.
Enovacom, un acteur historique de l’e-santé
Derrière DRIMbox, on retrouve Enovacom, filiale e-santé d’Orange Business. L’entreprise accompagne depuis plus de vingt ans les établissements de santé dans leurs projets d’interopérabilité, de télémédecine et de gestion des données de santé.
Avec une présence dans une grande majorité des établissements publics français, Enovacom mise sur des solutions conformes aux standards de sécurité et d’échange, capables de s’inscrire dans la durée. La promesse mise en avant par l’entreprise est simple : faire gagner du temps aux soignants en fluidifiant les échanges d’information.
Dans le cas du CHU de Poitiers, cette logique se traduit par un objectif très concret : réduire les tâches à faible valeur ajoutée, comme la gestion des CD ou la navigation entre plateformes, pour permettre aux équipes de se concentrer sur l’analyse médicale et la prise en charge des patients.
Vers une imagerie plus fluide, plus connectée
Le projet mené au CHU de Poitiers n’a rien de spectaculaire au sens médiatique du terme. Il ne s’agit pas d’une technologie futuriste, mais d’une amélioration ciblée d’un maillon clé du parcours de soins.
Pourtant, c’est souvent à ce niveau que se jouent les gains les plus significatifs. Simplifier l’accès aux images, réduire les supports physiques, fluidifier les échanges entre établissements : autant d’évolutions qui, mises bout à bout, transforment concrètement le quotidien hospitalier.
Avec DRIMbox, le CHU de Poitiers avance vers une imagerie médicale plus fluide, plus interopérable et mieux intégrée dans les parcours de soins modernes. Une évolution discrète, mais structurante, dans la transformation numérique de l’hôpital.