NeuroClues lève 10 millions d’euros pour accélérer le déploiement clinique de ses biomarqueurs neurologiques basés sur l’IA

Diagnostic tardif, examens lourds, incertitudes cliniques. En neurologie, comprendre ce qui se passe dans le cerveau reste souvent un parcours long, complexe et parfois frustrant.

 Pendant ce temps, les maladies avancent. Parkinson progresse, Alzheimer s’installe, les lésions s’accumulent. Et si une partie de la réponse se jouait ailleurs ? Dans quelque chose de beaucoup plus simple, beaucoup plus accessible : les mouvements des yeux.

C’est précisément sur ce terrain que neuroClues accélère. Un an après son marquage CE, Neuroclues annonce une levée de fonds de 10 millions d’euros pour déployer à grande échelle ses biomarqueurs neurologiques basés sur l’IA et s’étendre à l’international.

Le problème, on le connaît : la neurologie observe beaucoup mais mesure encore peu

En consultation, l’évaluation neurologique repose encore largement sur l’observation clinique. Suivre un doigt, tester des réflexes, analyser des comportements moteurs. Des gestes essentiels, mais qui restent, dans une certaine mesure, subjectifs.

Et dans des pathologies comme Parkinson, ce manque d’objectivation peut coûter cher. Aujourd’hui encore, un patient sur cinq serait mal diagnostiqué, et au moment où la maladie est confirmée, une grande partie des neurones concernés est déjà perdue.

Le problème n’est pas l’absence de connaissances. La recherche a accumulé des décennies de données. Le problème, c’est leur traduction en pratique clinique quotidienne. Entre ce que l’on sait et ce que l’on mesure réellement en consultation, il y a encore un écart.

Et dans cet écart, le temps passe. Et la maladie aussi.

Des biomarqueurs neurologiques en dix minutes, sans bouleverser la consultation

La promesse de neuroClues tient en une idée assez simple sur le papier, mais puissante dans ses implications : transformer les mouvements oculaires en données neurologiques exploitables.

Concrètement, un dispositif portable capture des images infrarouges à haute vitesse pendant que le patient réalise des tâches visuelles simples. Derrière, des algorithmes d’intelligence artificielle analysent ces mouvements et produisent des biomarqueurs objectifs et reproductibles. Pas d’examen lourd. Pas d’imagerie complexe. Pas d’attente interminable.

Le point clé, c’est l’intégration. L’outil s’insère directement dans le flux de consultation, sans rupture majeure. Le clinicien obtient des résultats en quelques minutes, parfois même interprétables à distance.On passe d’une impression clinique à une donnée mesurée. D’un ressenti à un signal objectivé.

Du marquage CE à 7 pays en quelques mois : une adoption qui s’accélère

Beaucoup de dispositifs médicaux peinent à sortir du stade de validation réglementaire. neuroClues, lui, semble avoir enclenché une autre dynamique.

Depuis sa certification CE en janvier 2025, l’entreprise a déjà déployé plus de 30 appareils dans sept pays européens, dont la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie ou encore le Royaume-Uni. Hôpitaux universitaires, cabinets privés, centres de recherche. La traction est là.

Et elle ne repose pas uniquement sur une stratégie commerciale agressive. Elle s’appuie aussi sur des collaborations cliniques solides, notamment avec l’Institut du Cerveau à Paris, ou encore sur des projets de cohortes à grande échelle, avec jusqu’à 25 000 participants.

Autrement dit, la technologie ne se contente pas d’être utilisée. Elle commence à s’inscrire dans des protocoles structurants.

Une levée de fonds pour changer d’échelle, pas pour tester

Avec cette série A de 10 millions d’euros, menée notamment par Teampact Ventures et le Fonds EIC, neuroClues ne cherche pas à prouver que sa technologie fonctionne.

Cette étape est déjà en grande partie franchie. L’enjeu est ailleurs. Accélérer le déploiement clinique. Structurer la présence commerciale en Europe. Préparer l’entrée sur le marché américain. Et surtout, continuer à enrichir la base de données clinique qui alimente les algorithmes.

Car c’est là que se joue une partie de la valeur. Plus la plateforme accumule de données, plus elle devient pertinente. Plus elle est pertinente, plus elle devient difficile à remplacer.

Et si le vrai sujet, c’était le timing du marché ?

La neurologie est en train de basculer. Vieillissement de la population, explosion des maladies neurodégénératives, pression sur les systèmes de santé. Le besoin de détection précoce n’a jamais été aussi fort. Dans ce contexte, les biomarqueurs ne sont plus un sujet de recherche. Ils deviennent un enjeu opérationnel.

Ce que propose neuroClues, ce n’est pas seulement une technologie. C’est une nouvelle manière d’aborder l’évaluation neurologique. Plus rapide. Plus objective. Plus intégrable. Reste une question. Toujours la même.Est-ce que le système de santé est prêt à changer ses habitudesquand la solution, elle, est déjà là ?

Clémence Minota

Je suis rédactrice spécialisée en santé et innovation, passionnée par l'impact des technologies sur l'évolution des soins médicaux. Mon expertise consiste à décrypter les dernières avancées du secteur et à fournir des contenus clairs et pertinents pour les professionnels de santé.

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